Bureau de conseil : blueprint immobilier, maquette et documents financiers illustrant un projet “bankable”

Rendre un projet immobilier “bankable” : la checklist qui transforme un dossier en financement

Tu peux avoir un “bon projet” et un “mauvais dossier”. Le marché finance des dossiers clairs, cohérents, stress-testés — pas des intentions. Voici la checklist opérationnelle qui transforme un projet en décision finançable.
Règle d’or : ce qui n’est pas explicite sera “pénalisé” par défaut. Un financeur ne devine pas : il modélise.

1) Le test de vérité : ton dossier tient en 1 page ?

Si tu n’arrives pas à résumer ton projet en 1 page, tu n’es pas prêt. Cette page doit permettre à un décideur de comprendre quoi, combien, pour qui, avec quels risques.

Essentiel
Concept & proposition de valeur

1 phrase. Qui paie, pourquoi, et en quoi c’est différenciant.

Périmètre
Taille & produit

Clés, m², lots, segmentation, phasage du projet.

Finances
CAPEX / OPEX / revenus

Drivers + hypothèses + cohérence entre capacité, saisonnalité et coûts.

Décision
KPIs + risques + mitigation

DSCR/LTV/IRR, 5 risques majeurs, et plan de mitigation concret.

2) Hypothèses : la finance n’aime pas les “à peu près”

Tes hypothèses doivent être sourcées, explicites et cohérentes entre elles (revenu ↔ capacité ↔ saisonnalité ↔ coûts).

  • Sourcées : comparables marché, benchs, offres concurrentes, données locales.
  • Explicites : occupation, ADR, prix/m², absorption, inflation, commissions, délais.
  • Cohérentes : pas de revenus optimistes avec des coûts “oubliés”.

3) CAPEX : détaillé, phasé, et sécurisable

Un CAPEX bankable = décomposé + phasé + contractualisable : terrain, travaux, FF&E, honoraires, taxes, contingencies, et surtout un calendrier de décaissement réaliste.

4) OPEX : la rentabilité se joue ici

Structure ton OPEX comme un vrai P&L opérationnel : coûts fixes/variables, énergie, RH, maintenance, distribution, marketing. Le “coût de la réalité” (turnover, maintenance, imprévus) doit être visible.

5) KPIs : les 5 indicateurs que tout le monde regarde

  • DSCR : capacité à payer la dette
  • LTV : niveau de levier acceptable
  • Marge opérationnelle : robustesse d’exploitation
  • TRI / IRR : logique investisseur
  • Sensibilités : impact des chocs (revenu, CAPEX, délai, OPEX)

Sans stress-tests, tu demandes aux financeurs de “croire”. Ils ne croient pas : ils modélisent.

6) Stress-tests : le passage obligé

Mets au minimum 3 scénarios : base / downside / worst-case crédible. Teste -10% revenus, +10% CAPEX, retards chantier, inflation OPEX, baisse d’occupation/absorption. L’objectif : prouver que le projet survit.

7) Structuration : qui met quoi, quand, et avec quel contrôle ?

Clarifie equity/dette, gouvernance (droits, veto, reporting), et stratégie de sortie (refi, cession, exploitation). Un montage “bankable” sécurise l’exécution — il ne l’improvise pas.

8) La narrative investisseur : le “pourquoi maintenant”

  • Pourquoi ce segment ? Pourquoi cette localisation ?
  • Pourquoi toi ? Équipe, track record, capacité d’exécution.
  • Barrières à l’entrée et upside réaliste (pas un rêve).

9) Data room : la preuve par les documents

Minimum viable data room : foncier/urbanisme, devis/planning/contrats, étude marché, modèle financier versionné, executive summary 1 page, draft term sheet, risques & mitigations.

Conclusion

Un projet finançable n’est pas “le plus beau” : c’est le plus lisible, le plus cohérent, le plus stress-testé. Quand cette base est verrouillée, la discussion change : on ne débat plus “si”, mais “à quelles conditions”.

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